Ça vaut le coup
J’ai assisté, vendredi soir dernier, à la pièce Région sauvage au Théâtre des Marguerites. Avec peu de décors, autre que du feuillage, vous vivez un écrasement d’avion, une descente de rapides en canot et bien plus encore.
Les quatre comédiens masculins m’ont agréablement surprise. Roger Léger, avec son nouveau look aux cheveux rasés est méconnaissable. Stéphane Bellavance, pour sa part est un excellent comédien d’un humour fou et d’une mimique exceptionnelle.
Cette pièce ne s’adresse pas seulement aux ados et aux amateurs de Vrak.TV, mais à toutes les personnes de 50 ans et plus, jeunes de coeur. Si vous n’avez qu’une pièce à sélectionner pour votre été, allez au Théâtre des Marguerites pour voir Région sauvage.
Diane Paillé
Trois-Rivières
Nouvelliste Juillet 2008
Un petit délire nommé «Région sauvage»

À l'avant, Louis-David Morasse et Martin Héroux ,
accompagnés à l'arrière de Stéphane Bellavance et Roger Léger.
Photo: Sylvain Mayer
C'est un petit délire qui habite cet été le Théâtre des Marguerites. Un vent de folie vigoureusement alimenté par quatre comédiens qui s'éclatent joyeusement pour faire de «Région sauvage» une pièce truffée de numéros comiques et de performances d'acteurs.
Les éclats de rire constants et généralisés y régnaient lundi soir, pour la représentation dédiée aux médias.
Le rendez-vous est clair.
Oubliez l'histoire, oubliez les nuances et toute forme de message dans le propos, on baigne ici dans une atmosphère ludique et bon enfant qui ne vise qu'une chose: amuser.
Et c'est très bien ainsi lorsque le tout est marqué par le sceau de la qualité.
Or, sur ce point, on est servi.
D'abord parce qu'on a affaire à une énergie contagieuse du côté de la distribution, qui ne ménage aucun effort pour soutirer le potentiel comique de chaque situation.
Aussi parce qu'on y découvre une mise en scène délicieusement éclatée, qui épouse toutes les fibres de l'absurde.
Ensuite viendra le texte, qui n'est aucunement axé sur le scénario, mais qui a été élaboré plutôt comme un canevas tissé sur mesure pour y placer des gags en enfilade.
Un immense terrain de jeu pour comédiens.
Le prétexte de la pièce est l'aventure de quatre hommes qui évoluent dans le domaine de l'immobilier et qui se retrouvent malencontreusement perdus en forêt lorsque leur petit hydravion de fortune s'y écrase.
Ils avaient prévu aller visiter un domaine en plein bois qui était susceptible de leur rapporter gros, ils visiteront plutôt leur caractère respectif, quitte à y trouver une nouvelle amitié au passage.
La comédie est écrite par Andrew Wreggit et Becky Shaw, mais entre les mains des artisans du Théâtre des Marguerites, il y a fort à parier qu'il ne restait plus beaucoup de lignes originales au bout de leur réécriture.
On reconnaît d'ailleurs aisément la signature de la place, un humour efficace ligne après ligne, mais aussi un peu prévisible pour les habitués.
Ceci dit, deux belles surprises apparaissent cette année au sein de ce théâtre.
D'abord, on a cette fois l'occasion de voir évoluer sur les planches le comédien Stéphane Bellavance. Copropriétaire des lieux, Bellavance s'était consacré jusqu'à ce jour à concocter les mises en scène des cinq années passées. L'attente aura valu le coup. À chacune de ses apparitions, il fait mouche et nous donne amplement matière à espérer le revoir sur scène au cours des prochaines années.
À ses côtés, Roger Léger, Louis-David Morasse et Martin Héroux sont au diapason, et rivalisent d'humour.
Le risque dans ce changement était bien sûr de perdre Stéphane Bellavance à la mise en scène, lui qui nous avait habitués à une grande dose d'originalité et d'audace. Or, force est d'admettre que le gène de l'ingéniosité se transmet allègrement au sein de ce groupe, et a atteint favorablement le comédien Olivier Aubin, metteur en scène cet été.
Avion en carton, nuages dessinés, papillon qui s'avance au bout d'une longue tige, tout ici baigne dans des couleurs de bandes dessinées, une palette qui colle tout à fait au côté absurde de la pièce proposée.
Tout y gros, rien n'est vraisemblable, et les petits flashes géniaux se multiplient tout au long de la soirée pour transporter le public dans les péripéties au programme, de l'écrasement d'avion jusqu'à la chute au fond d'un précipice en passant par un saut en parachute et le point culminant, une promenade en canot quelque peu démente.
Typiquement estivale, la pièce saura plaire à un large public, incluant notamment les plus jeunes.
On croirait d'ailleurs par moments se retrouver au beau milieu d'une émission de VRAK-TV.
Dans cet esprit, il importe toutefois de préciser que les gens qui avaient savouré l'heureux mélange entre propos intelligent et humour fin qui avait marqué ce théâtre il y a quelques année risquent de regretter un peu ce dosage.
Cet été, on a rendez-vous avec de la grosse comédie.
La pièce est présentée du jeudi au samedi jusqu'au 30 août, de même que les mercredis 23, 30 juillet, 6 et 13 août.
Linda Corbo
Trois-Rivières
Nouvelliste 3 Juillet 2008










